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Oméga 3 et Oméga 6
 


Certains acides gras sont dits être “essentiels” (indispensables), car l’organisme est incapable de les fabriquer, ils doivent donc être apportés par l’alimentation.
Ces acides gras essentiels appartiennent aux familles chimiques des acides gras poly-insaturés des séries n-3 et n-6, dénommées respectivement Oméga 3 et Oméga 6.

Sources alimentaires d’acides gras Oméga 3 et Oméga 6

Les acides gras oméga-3 Les acides gras oméga-6
  L’huile et les graines de lin
  Les huiles de poisson
  L’huile et les graines de chanvre
  L’huile et les graines de citrouille
  L’huile de Krill
 
  L’huile de bourrache
  L’huile d’onagre
  La spiruline
  L’huile de cassis
  L’acide linoléique conjugué
  L’huile et les graines de chanvre

Les acides gras oméga-3

 

- Dans cette famille seul l’acide alpha-linoléïque (ALA) est essentiel, car les autres peuvent être fabriqués par l’organisme à partir de ce précurseur. Il est indispensable à la synthèse des acides gras poly-insaturés à chaînes longues et à celle des eicosanoïdes de la série 3. L’ALA est particulièrement présent dans les graines et dans l’huile de lin et de chanvre ainsi que dans l'huile de canola et de soja.
- Acide eicosapentaenoïque (EPA). Notre organisme peut le synthétiser à partir de l’ALA, mais peut aussi le puiser dans certains aliments, dont le poisson. L’EPA sert à l’organisme de précurseur à la synthèse des eicosanoïdes de la série 3.
- Acide docosahexahenoïque (DHA). Cet acide gras dérive de l’EPA est également en quantités importantes dans les produits de la mer et chez certains poissons (poissons gras).

  Les Besoins Alimentaires

- Les recommandations de l’OMS et de certains pays sont les suivantes:
. ALA: de 0,8g à 1,1g/jour
. EPA + DHA: de 0,3g à 0,5g/jour
- En 1999, les travaux d’un groupe d’experts réunis au niveau mondial ont permis de proposer les valeurs suivantes, en se référent à un sujet consommant 2000 kcal/jour :
. ALA: 2,22g par jour (1% of consommation quotidienne de kcal)
. EPA + DHA: 0,65 g par jour (0,3% de la consommation quotidienne de kcal).
Ces valeurs ne furent pas ratifiées par les autorités canadiennes et américaines qui s’en tiennent à recommander une consommation d’ALA de 1,1 g/jour chez les femmes et de 1,6 g/jour chez les hommes, soit environ 0,5% de la consommation énergétique totale. Selon certains experts ces chiffres seraient trop faibles pour réduire le risque cardiovasculaire.

Sources alimentaires

  Pour obtenir 1,3 g d'oméga-3
Oméga-3 d'origine végétale (ALA) Oméga-3 d'origine marine (EPA + DHA)
  - ½ c. à thé (2 ml) d'huile de lin
  - 2 c. à thé (10 ml) de graines de lin broyées
  - 1 c. à table (15 ml) d'huile de canola
  - 1/4 de (60 ml) tasse de noix de Grenoble
  - 1½ (22 ml) d'huile de soya
  - 13 g de graines de chanvre
  - 70 g de saumon atlantique (élevage)
  - 90 g de saumon rose ou rouge (en conserve)
  - 90 g de sardines
  - 120 g de thon blanc ou germon en conserve

Réf. : U.S. Department of Agriculture, Agricultural Research Service. 2002.
USDA National Nutrient Database for Standard Reference, Release 15.

Les acides gras Oméga-6

  Dans cette famille, seule l’acide linoléïque est “essentiel”. Il est le précurseur alimentaire des acides gras poly-insaturés à longues chaînes et des eicosanoïdes des séries 1 et 2 que l’organisme fabrique. Contrairement à l’ALA, l’AL est retrouvé en quantité importante dans l’alimentation moderne: les huiles de maïs, de tournesol, de soja, de carthame, de pépins de raisin, etc.
- L’acide gamma-linoléïque (CASE).
Il est fabriqué par l’organisme à partir de l’AL. Il est présent dans l'huile de bourrache (24% d'AGL), l'huile d'onagre (9% d'AGL), l'huile de cassis (18% d'AGL) et la spiruline.
- L’acide dihomo-gamma-linoleïque (DGLA). Il dérive du CASE. Le lait maternel est la seule source alimentaire. Il est transformé en eicosanoïdes de la série 1.
- L’acide arachidonique (AA). Il dérive du DGLA. Le jaune d’œuf et la graisse animale en sont une source directe. Il contribue à la formation des eicosanoïdes de la série 2.

  Les besoins alimentaires

- En 1999, les travaux d’un groupe d’experts réunis au niveau mondial ont permis de proposer les valeurs suivantes, en se référent à un sujet consommant 2000 kcal/jour :
. 4,44g (2% de la consommation calorique totale)
. ils ont suggéré que la consommation ne devrait pas dépasser 6,67g/jour (3% de la
consommation calorique totale).
Ces valeurs ne furent pas ratifiées par les autorités canadiennes et américaines. Dans ces
pays les consommations d’Oméga 6 considérées comme étant nécessaires et suffisantes sont fixées à 12 g/jour chez les femmes et à 16g/j chez les hommes. Ces valeurs étant jugées beaucoup étant trop élevées par certains experts pour permettre de réduire le risque cardiovasculaire.

  Recommandations en France

  Un équilibre essentiel, mais compromis

Jusqu’en 1920 les huiles alimentaires étaient produites en petites quantités et rancissaient très rapidement au contact de l’air et de la lumière, étant donné leurs contenus importants en acides gras poly-insaturés. L’industrialisation de la production d’huile a privilégié l’utilisation d’huiles pauvres en acides gras poly-insaturés, en diminuant particulièrement la production de celles riches en Oméga 3, afin de limiter les processus de rancissement et d’obtenir des huiles qui conservaient longtemps ; de plus, les procédés de raffinage ont encore réduit les concentrations en acides gras poly-insaturés.
La consommation de poisson a baissé dans l’alimentation occidentale, alors que simultanément les procédés de la culture intensive ont concouru à réduire les quantités d’Oméga 3 dans des nombreux aliments : légumes verts, viandes, œufs et même poissons.
Dans le même temps, l’alimentation s’est enrichie en produits transformés, riches en acides gras Oméga 6 et pauvres en Oméga 3, car des huiles ayant ces caractéristiques sont utilisées pour cuisiner ces aliments.
Au total, on estime que globalement le régime alimentaire occidental apporte un ratio Oméga 6/Oméga 3 de 10 à 30 pour 1, alors qu’il devrait être entre 1 et 4. La situation est aggravée par le fait qu’un excès d’Oméga 6 diminue l’utilisation optimale des Oméga 3 par l’organisme car il existe des phénomènes de compétitions entre ces deux séries pour divers enzymes. Ce déséquilibre favorise les pathologies cardiovasculaires et inflammatoires. Selon certains auteurs, le retour à une alimentation permettant d’apporter un ratio Oméga6/Oméga3 satisfaisant réduirait l’incidence des pathologies cardiovasculaires et inflammatoires.

Oméga-3 : Sources marine ou végétale?
Il existe une controverse sur ce sujet. L’ALA s’accumule lentement dans l’organisme et le conversion de l’ALA en EPA et en DHA ne dépasse pas 5% à 15% chez l’Homme. Bien qu’il semble plus facile de satisfaire des besoins en EPA et en DHA, en consommant du poisson ou des huiles des poisson, les experts recommandent de varier les sources d’apport d’Oméga 3 en consommant des graines et des huiles riches en ALA. Certains experts suggèrent que la prise de suppléments d’huiles de poisson (gélules, etc) ne se fasse que sur avis médical et qu’elle ne soit réservée qu’à des sujets ayant des antécédents de pathologie des coronaires.

« Apports Nutritionnels Conseillés »
Selon les autorités françaises les « Apports Nutritionnels Conseillés » (ANC) en acides gras saturés, mono-insaturés et poly-insaturés sont respectivement de 24%, 60% et 16%.
- Dans la catégorie des poly-insaturés le rapport entre la masse d’Oméga 6 et d’Oméga 3
devrait être de 5.
- Un adulte masculin devrait donc consommer par jour environ 10 grammes d’AL et 2 grammes d’ALA.
- Les acides gras poly-insaturés à très longues chaînes devraient représenter 3% de la masse totale d’acides gras consommés, dont 0,5% de DHA, soit environ 120 mg par jour pour les hommes et 100 mg par jour pour les femmes.
- Selon les ANC, les Oméga 3 devraient représenter 0.8% des apports énergétiques globaux journaliers. Les enquêtes sur les habitudes alimentaires des français montrent que l’apport moyen d’Oméga 3 est en réalité entre 0.1% et 0.4% des apports énergétiques quotidiens.

Aliments enrichis en Oméga 3

Pour enrichir les aliments en Oméga 3, les industriels disposent de différentes méthodes, par exemple :
- ils peuvent ajouter un peu d’huile de poisson dans le lait ;
- ils peuvent ajouter des graines de lin dans le pain ;
- Ils peuvent aussi remonter la chaîne alimentaire en donnant à la vache, au porc, à la poule une alimentation riche en Oméga 3, l’homme enrichira ensuite son alimentation en consommant ces animaux ou leurs produits (œufs de poule).
N.B. Des oeufs enrichis en Oméga 3 sont apparus sur le marché depuis quelques années. Ils sont obtenus en ajoutant des graines de lin dans la nourriture des poules. Leur contenu en Oméga 3 est multiplié par 10 par rapport aux œufs non enrichis ; un œuf apportant à l’organisme 25% à 35% de ses besoins quotidien.

Selon l’ « Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments » (AFSSA) un aliment est « source d’acides gras Oméga 3 » s’il apporte au moins 15% des ANC en ALA ou en DHA pour soit 100 grammes d’aliment, soit 100 millilitres, soit 100 kilocalories (pour les hommes soit 0,3 gramme/jour d’ALA, soit 0,018 gramme/jour de DHA).
Selon l’ « Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments » (AFSSA) un aliment est « riche en acides gras Oméga 3 » s’il apporte au moins 30% des ANC en ALA ou en DHA pour soit 100 grammes d’aliment, soit 100 millilitres, soit 100 kilocalories (pour les hommes : soit 0,6 gramme/jour d’ALA, soit 0,036 gramme/jour de DHA).

Etiquetage des aliments

- Etiquettes figurant sur les aliments :
-« Participe (ou contribue) au rééquilibrage des acides gras Oméga 3 » :
3 critères :
o Au moins « Source d’acides gras Oméga 3 » (a fortiori : « riche en acides gras Oméga 3).
o Rapport Oméga 6 / Oméga 3 inférieur à 5
o Apporte des graisses en quantités raisonnables (inférieur à 33% des apports énergétiques). S’il est plus riche en graisses la quantité d’acides gras saturés doit représenter moins de 30% des acides gras totaux.
-« Participe (ou contribue) au bon fonctionnement du système cardiovasculaire » :
3 critères :
o Au moins « Source d’acides gras Oméga 3 » ou « riche en acides gras Oméga 3 ».
o Participe ou contribue au rééquilibrage des apports en acides gras Oméga 3
o Contient au plus 150 mg de cholestérol pour 100 grammes ou 100 millilitres

 

Rôles Biologiques et Physiologiques des Oméga 3 et des Oméga 6

- Ils contrôlent la structure et la fluidité des membranes cellulaires (modulent ainsi le « fonctionnement » des cellules)
- Ils ont une fonction hormonale en étant les précurseurs d’eicosanoïdes, de prostaglandines, etc
- Ils ont une fonction de messagers intra et extracellulaire
- Ils participent au métabolisme des lipides de l’organisme. Les Oméga 3 modulent le métabolisme des triglycérides dans le foie et dans le sang (bilan lipidique sanguin)


  Oméga 3 et santé

 

Maladies cardiovasculaires :
- Les populations qui consomment beaucoup de poisson (Inuits du Groenland, Japonnais…) ont moins d’accidents cardiovasculaires.
- En prévention secondaire de la maladie coronaire, la mortalité par infarctus du myocarde est plus faible chez les personnes ayant consommé du poisson ou de l’huile de poisson. Les Oméga 3 diminuant la fréquence de la mort subite par arythmies cardiaques.
- La consommation d’Oméga 3 diminue les concentrations sanguines de triglycérides alors qu’elle est sans effet sur le « mauvais » cholestérol (LDL-cholestérol).
- Il existe peu d’études réalisées chez des sujets sains.

Autres pathologies :
- Il n’y à ce jour aucune essai clinique, de grande échelle, parfaitement contrôlé, permettant d’affirmer que la consommation d’Oméga 3 est favorable dans les troubles psychologiques et psychiatriques (anxiété, dépression, etc).

   
 
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