« L’esprit cherche et c’est le cœur qui trouve »
George Sand

Pr Claudine Junien

Les travaux du Pr. Claudine Junien

Professeur de Génétique. Académie de Médecine – Appel à projets 2013

L’obésité de la mère impacte la santé de l’enfant

De plus en plus de femmes en âge de procréer sont en surpoids ou obèses (38 % de femmes en surpoids dans le monde). Il est bien établi que le gain ou la perte de poids ainsi que la composition corporelle des parents ont des effets sur la croissance fœtale et le devenir de l’enfant à l’âge adulte. Cependant les aspects à long terme et les mécanismes épigénétiques (qui modifient l’expression des gènes) sont méconnus et ne sont actuellement pas pris en compte dans les conseils nutritionnels apportés aux couples désirant un enfant.
L’objectif des travaux menés par C. Junien et son équipe, soutenus par la Fondation Cœur et Artères, est d’évaluer sur des modèles animaux les conséquences d’interventions nutritionnelles maternelles sur leur descendance.
Ils ont ainsi comparé le poids, la prise alimentaire, le métabolisme glucidique, le bilan lipidique, la fonction cardiovasculaire, les dépôts de tissu adipeux et les modifications épigénétiques chez la descendance jusqu’à 6 mois de souris femelles nourries avant leur gestation avec différents régimes nutritionnels (alimentation normale ou régime hyper lipidique- hypercalorique, perte ou gain de poids)
Ils ont ainsi montré que chez les souris obèses, il y avait une diminution de la croissance du fœtus avec des anomalies placentaires et des altérations de la structure et des fonctions du foie des fœtus .Des anomalies d’expression des gènes ont été observées dans le placenta des souris et le foie des fœtus.
Chez les souris initialement obèses et dont le surpoids a été corrigé avant la gestation par une intervention nutritionnelle, leurs paramètres métaboliques sont corrigés. Chez ces souris, la croissance fœtale est partiellement restaurée, certaines anomalies d’expression des gènes dans leur descendance sont normalisées, d’autres persistent , témoignant d’une «mémoire génétique partielle » de l’obésité de la mère.